Projet


[2009-2015]

TMWKTM

TMWKTM opère un démontage de la première version du film d’Alfred Hitchcock, The Man Who Knew Too Much (1934), tourné avec Leslie Banks, Edna Best et Peter Lorre, en projetant l’ensemble des 696 plans, libéré de la linéarité de la bande filmique, dans l’espace virtuel.

Il en résulte une vision spatiale d’un « film » qui n’en est plus vraiment un puisque, désormais, c’est à un film mis en pièces auquel le public peut assister. Le lien narratif rompu entre les scènes a entrainé leur éparpillement au hasard par le programme, convertissant l’histoire initiale en une masse informe de micros récits sans connexion temporelle et causale entre eux.

Immergée dans un ensemble complexe d’informations visuelles et sonores, TMWKTM suggère des remontages d’éléments entre eux, invite le spectateur a concevoir des scénario, fussent-ils minimaux, par l’invention de raccords ou encore d’intertextes entre les situations audiovisuelles qu’il est poussé à vivre.

Pour l’emmener à entreprendre ce travail, une caméra virtuelle va automatiquement entraîner le spectateur à contempler le film sous différentes dimensions — de loin comme une carte, de plus près comme un territoire — et sous de multiples angles de vue, avec inlassablement un jeu de prises de son en temps réel effectué à l’aide de trois micros virtuels.

Ces capteurs sonores sont représentés au sein de l’œuvre par des sphères de couleur rouge, verte ou bleue. Elles parcourent infatigablement l’espace suivant des trajectoires imprévues, entrant régulièrement en collision avec des images fixes. Ainsi touchées, ces dernières exécutent la séquence filmique dont elles ne sont en fait que le premier photogramme. Les micros profitent de ces contacts à la temporalité incertaine pour jouer la ligne sonore attachée à la scène, autrement dit les voix, les bruits et les musiques comme autant de pistes séparées redonnées à entendre.

Dans cet environnement 3D, les séquences filmiques une fois jouées sont de nouveau rangées suivant l’ordre temporel du film et lorsqu’il est totalement réordonné, le programme revient à zéro, redistribuant les plans-séquences aléatoirement dans l’espace. Le film automatique infini recommence.




Espace d'art contemporain Faux mouvements, Metz, 2015-2016.


Sliders Angoulême

Affiches à l'entrée de l'exposition “L'invention de Morel ou la machine à images” (commissaire : Thierry Dufrêne), Maison d'Amérique Latine, Boulevard Saint-Germain, 16 mars - 22 juillet 2018. Affiche de gauche : Leandro Erlich ; affiche de droite : SLIDERS_lab.



Sliders Angoulême

Sliders Angoulême

Sliders Angoulême

Sliders Angoulême

Sliders Angoulême

TMWKTM, copies d'écran. © SLIDERS_lab.